Le Wireless Office, c'est pour demain ! (ou aujourd'hui ?)
8 septembre 2017

Analyse

Le Wireless Office, c'est pour demain ! (ou aujourd'hui ?)

Nous avons « fêté » récemment les 10 ans de l’iPhone, sorti en 2007. Nous avons vécu depuis cette date une véritable révolution concernant les devices que nous utilisons au quotidien pour communiquer et travailler. Avant 2007, il n’y avait pas ou peu de smartphones, de tablettes, de Surfaces, etc. et encore assez peu d’ordinateurs portables en entreprise.

 

La mutation a eu lieu sous la pression des innovations et évolutions des usages grand public, malgré la réticence de certaines DSI. Il faut se rappeler la réaction de Gartner à la sortie de l’iPhone : “Nous conseillons aux décisionnaires IT de NE PAS s’y intéresser (…). Il s’agit simplement d’un iPod-téléphone, et il est important que ce produit soit reconnu comme tel”. Dix ans après, cette analyse parait ridicule, et pourtant c’est bien l’état d’esprit qui dominait à ce moment-là chez les DSI.

Le changement a bien sûr bel et bien eu lieu. Nous sommes passés d’un environnement où le PC et le téléphone, branchés en filaire, étaient la norme de l’environnement de travail, à une utilisation massive de laptops, smartphones, tablettes et hybrides et, où les échanges se font de plus en plus via des solutions de communication unifiée en mobilité et de moins en moins via des appels « traditionnels ».

Dans les dix prochaines années, la consumérisation va changer de forme. Il y a une forte tendance vers le remplacement du filaire dès que cela est possible. Qui utilise encore les ports Ethernet de sa box DSL ou fibre à la maison ? Qui branche son PC pour regarder des vidéos sur sa TV là où une Chromecast permet en deux clics de projeter du contenu depuis n’importe quel device ?

Dans certains domaines, les entreprises ont franchi le pas : en témoigne le succès du système Barco ClickShare, qui permet de supprimer des câbles (perçus comme trop inesthétiques et pas assez modernes). L’étape suivante ? Sans nul doute la connexion Ethernet du PC (à défaut de pouvoir supprimer les câbles d’alimentation).

Cela permettra d’améliorer davantage la mobilité (et notamment celle du poste de travail), de s’affranchir de problématiques de câblage, d’améliorer l’esthétique et le côté « Entreprise du XXIème siècle », capital pour attirer les Générations Y/Z dans l’entreprise, qui seront plus inspirés et motivés par une entreprise moderne et avant-gardiste que traditionnelle. On imagine en effet plutôt un environnement professionnel moderne tel que celui présenté à gauche plutôt que ci-après.

Techniquement, cela devient tout à fait envisageable. Je n’ai pas utilisé de câbles Ethernet depuis de nombreux mois pour mon PC et ai en moyenne un débit réel disponible au poste d’environ 100 Mb/s et un ping inférieur à 10ms. Les normes Wi-Fi permettent en effet d’acheminer de plus en plus de trafic (à capacité radio équivalente), et cette augmentation est supérieure à la croissance des usages. Elles ont également évolué sur la facilitation du roaming entre bornes. Les protocoles de ToIP/Vidéo/etc. sont quant à eux désormais très optimisés. De fait, un appel Wi-Fi sur une application grand public telle que Whatsapp sera de bien meilleure qualité qu’un appel GSM.

Trois réticences demeurent : l’aspect sanitaire, le coût et la sécurité. En réalité, le Wi-Fi est un contributeur relativement modeste en termes d’exposition aux ondes électromagnétiques (comparativement au GSM notamment) en raison des limites de puissance d’émission, mais la perception par les collaborateurs peut cependant être négative et est clairement un point d’attention. La généralisation du Wi-Fi dans les lieux publics laisse toutefois penser que ce frein n’est pas bloquant. Concernant le coût, l’abandon du câble peut dans certains cas se traduire par une densification plus forte (et donc plus de bornes), mais ce coût est nuancé par une réduction (à terme) des frais de câblage au poste et par une généralisation possible du bureau mobile, faisant économiser des coûts de fonctionnement à l’entreprise et renforçant sa capacité collaborative. Concernant la sécurité, un réseau 802.1x permet un niveau de sécurité intéressant, largement supérieur par exemple à celui des systèmes radio de projection vidéo qui se sont pourtant généralisés.

La démocratisation du « Wireless Office » semble donc apparaitre comme une perspective probable. Cela ne sera pas sans conséquence sur les DSI. En effet, passer du câblé au filaire veut également dire passer du (quasi)déterministe au probabiliste. Pour assurer un bon niveau de service, de réelles compétences radio doivent être mises à contribution ainsi qu’une approche nécessitant de suivre en continu le niveau de service et l’environnement radio (méthodes du type ‘Plan-Check-Do-Act’). Cela va devenir progressivement un métier d’expert, nécessitant des compétences, des méthodes et des processus industriels.

Les DSI vont-elles être en mesure de s’adapter ? Ou le LAN Wi-Fi va-t-il progressivement être externalisé auprès d’acteurs experts, en mesure de s’engager sur des niveaux de service ?

 


Jean-Christophe BUDIN
Jean-Christophe BUDIN

Directeur Business Line Wireless

Jean-Christophe BUDIN est Responsable Business Line Wireless chez Hub One. Il est fan de Led Zeppelin et pratique la guitare depuis l’âge de 17 ans. Il a un répertoire musical très large, ce qui lui permet de découvrir des univers très différents. Dans la vie, c’est un homme curieux et passionné par les nouvelles technologies. Son gadget préféré : Wikipédia. Pour lui, c’est un site de partage qui regroupe de nombreuses informations lui permettant de satisfaire sa curiosité dans n’importe quel domaine.

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