Sécurité réseau : que se passe-t-il vraiment derrière chaque clic d’un collaborateur ?

Par Eloïse Chatti

8 janvier 2026

Invisible, silencieuse, mais décisive : la sécurité réseau protège vos équipes sans qu’elles s’en aperçoivent.

Pendant longtemps, la sécurité réseau s’est résumée à une frontière physique et identifiable entre l’intérieur et l’extérieur (bureaux, siège). Un modèle qui s’essouffle avec l’essor du télétravail, des applications SaaS, des sites distants et des collaborateurs toujours plus mobiles.

Le réseau d’entreprise s’est donc transformé en une nébuleuse dynamique : autant de portes ouvertes que les cyberattaquants adorent tester. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 60 % des attaques réussies passent par un accès légitime mal protégé.

Dans ce nouvel environnement, les anciennes barrières ne suffisent plus. La sécurité réseau se réinvente : elle devient adaptative, granulaire et intelligente, capable de protéger l’entreprise sans freiner ses collaborateurs. Une mutation qui brouille les frontières entre sécurité réseau et cybersécurité, rendant parfois les décisions d’investissement difficiles à prioriser pour les entreprises.

Pour comprendre les enjeux de la sécurité réseau dans les entreprises, nous avons souhaité révéler ce qui se cache derrière chaque clic d’un collaborateur. Aujourd’hui, nous suivons Marie, consultante technique dans une entreprise B2B.

Derrière chacun de ses clics, une mécanique de protection se met en marche, presque imperceptible, mais déterminante.

Le coût moyen d’un incident réseau est estimé à plus de 4,45 M€ et le délai moyen de détection d’un incident à 204 jours. (Source : IBM- 2023).
Le coût moyen d’un incident réseau est estimé à plus de 4,45 M€ et le délai moyen de détection d’un incident à 204 jours. (Source : IBM- 2023).

Les nouveaux enjeux de la sécurité réseau des entreprises


Le périmètre réseau de l’entreprise a profondément changé : autrefois limité et protégé par un simple pare-feu, il s’étend désormais bien au-delà des murs, jusqu’aux domiciles des collaborateurs en télétravail, aux connexions Wi-Fi d’hôtels, aux applications SaaS ou encore aux objets connectés (IoT).

Cette ouverture multiplie les points d’entrée et donc les risques : un clic sur un lien piégé, un équipement non sécurisé ou un accès invité mal contrôlé peuvent suffire à déclencher un incident (fuite de données ou ransomware), dont le coût moyen de “réparation” dépasse aujourd’hui 4,4 millions d’euros.

Dans ce paysage mouvant, la distinction entre cybersécurité et sécurité réseau s’efface : le réseau n’est plus un simple canal technique mais une composante stratégique de la défense globale, obligeant les entreprises à repenser leurs priorités et à investir de façon ciblée dans des solutions intégrées, dynamiques et adaptatives.

Face à la diversité des solutions proposées, les décideurs IT se retrouvent parfois démunis : faut-il privilégier un ZTNA, un CASB, un SASE ? Comment hiérarchiser les priorités ?

Pour éclaircir cette problématique, rien ne vaut un exemple concret.

Suivons à présent Marie, consultante technique, dans sa journée de travail ordinaire. Chaque fois qu’elle se connecte, échange ou partage une information, un orchestre invisible de solutions de sécurité entre en action pour la protéger, et protéger son entreprise.

Une journée avec Marie : héroïne de la sécurité fluide


Il est huit heures du matin. Marie, en télétravail, allume son ordinateur portable depuis chez elle.

  • En arrière-plan, le NAC (Network Access Control) lance sa checklist silencieuse : système d’exploitation à jour, antivirus actif, absence de logiciel suspect. Tout est conforme : Marie accède immédiatement aux applications internes, aux serveurs et aux lecteurs réseau.
  • En tant que commerciale, Marie ouvre Salesforce, solution SaaS qu’a choisi son entreprise pour gérer ses clients. L’authentification multi-facteurs (MFA) entre en scène et déclenche une double validation via son smartphone. Marie valide son identité, tout est ok.
  • Enfin, le ZTNA (Zero Trust Network Access) établit automatiquement un tunnel sécurisé après avoir vérifié le contexte (utilisatrice et appareil connus, localisation habituelle). Plus besoin de cliquer sur un VPN : tout se fait sans bruit.

Dans ce scénario, plusieurs risques critiques sont neutralisés. Si un hacker avait récupéré les identifiants de Marie, il n’aurait jamais pu accéder au système : sans son appareil reconnu et sans l’authentification multi-facteurs, l’intrusion reste impossible.

De la même manière, si son poste avait été infecté par un ransomware dormant, le NAC l’aurait immédiatement détecté, restreignant les accès et empêchant toute propagation au sein du réseau. Les conséquences évitées sont majeures : un blocage complet des serveurs internes, qui aurait paralysé l’activité, ou encore le vol de données sensibles par un accès usurpé.

À neuf heures, Marie prépare un dossier client important : elle bascule entre Teams, Salesforce et OneDrive pour travailler.

  • Elle partage un fichier confidentiel à un collègue, le CASB (Cloud Access Security Broker) analyse son contenu et détecte qu’il contient des informations sensibles. Le partage interne est autorisé, mais toute tentative d’envoi vers une adresse personnelle sera bloquée.
  • Dans le même temps, elle télécharge une brochure technique pour mieux comprendre les services proposés par son client. Le flux transite par une passerelle web sécurisée (Secure Web Gateway) intégrée à l’architecture SASE (Secure Access Service Edge). Le fichier est analysé en temps réel en sandbox : sain, il est autorisé ; infecté, il est bloqué.

Dans ce contexte, plusieurs menaces sont neutralisées avant même de se concrétiser.

Pressée, Marie aurait pu se tromper de destinataire ou partager un document stratégique avec son adresse personnelle. Grâce au CASB, la fuite est immédiatement bloquée et le fichier reste confiné au périmètre professionnel.

De la même manière, lorsqu’elle télécharge un document externe, le SSE analyse le document et interrompt l’action dès qu’un malware est détecté. Les conséquences évitées sont considérables : une fuite de données sensibles qui aurait entraîné une perte de confiance des clients et une non-conformité au RGPD, ou encore une infection par ransomware qui aurait chiffré son poste, paralysé son travail et potentiellement affecté ses projets clients.

En fin de matinée, Marie se rend chez son client pour une réunion. Elle se connecte au Wi-Fi invité.

  • Pas de panique : son trafic reste chiffré grâce au SASE, et le ZTNA redétecte le nouveau réseau.
  • Comme le contexte est inhabituel, le MFA est déclenché. Marie valide sur son application mobile son identité et poursuit son travail en toute sérénité.

Ici encore, plusieurs risques ont été évités sans que Marie s’en aperçoive.

Si, dans le hall, un concurrent avait vu Marie taper son mot de passe, il n’aurait rien pu en faire : sans authentification multi-facteurs (MFA), l’accès au système lui serait resté totalement interdit. Lorsqu’elle se connecte à un Wi-Fi non sécurisé, le SASE prend immédiatement le relai en établissant un tunnel chiffré qui protège toutes ses communications jusqu’au cœur du réseau. Ainsi, le vol d’identifiants comme l’exfiltration de fichiers sensibles pendant sa réunion client sont tout simplement évités.

Treize heures, Marie est de retour au bureau. Elle branche son poste sur le réseau filaire.

  • Le NAC revérifie à nouveau la conformité (mises à jour, présence de logiciel malveillant), et le ZTNA reconnaît le contexte sans imposer de reconnexion ni de MFA.

Ici, l’expérience est fluide, tout en garantissant qu’aucun appareil inconnu branché en douce ne puisse accéder au réseau interne (espionnage ou exfiltration de données).

Quinze heures, Marie s’installe dans la salle de réunion pour une démonstration client. Elle branche un petit capteur.

  • Le NAC identifie qu’il ne s’agit pas d’un poste classique mais d’un IoT, et l’isole dans une zone dédiée. En cas de comportement suspect, comme un scan réseau, le capteur serait immédiatement mis en quarantaine.

Lors de sa démonstration, même si le capteur utilisé par Marie avait été compromis à son insu, il aurait aussitôt été isolé, empêchant toute propagation vers le reste du système de l’entreprise.

Et si elle avait branché son câble d’appareil sur le mauvais réseau, le NAC aurait immédiatement corrigé la situation tandis que le pare-feu aurait bloqué les flux non autorisés. Grâce à ces mécanismes, l’entreprise évite le pire : l’infection d’un système industriel critique ou, pire encore, un arrêt de production complet chez le client.

À dix-sept heures, Marie reçoit une pièce-jointe suspecte par e-mail.

  • Le pare-feu NGFW, intégré au SASE, intercepte le flux et envoie le fichier en sandbox (analyse en temps réel). Le verdict tombe : c’est un document piégé. Il est bloqué et désarmé.
  • Si Marie avait tenté de le partager depuis OneDrive, le CASB aurait empêché la synchronisation.

Lorsqu’un ransomware tente de se déclencher en arrière-plan après que Marie ait ouvert une pièce jointe suspecte, le système l’intercepte et neutralise immédiatement le fichier. De plus, si ce fichier avait été partagé en interne, le CASB aurait bloqué sa diffusion, empêchant toute propagation. Grâce à ces protections, la paralysie du réseau interne est évitée, tout comme les risques liés à une réputation entachée, notamment si le malware s’était propagé chez un client.

Derrière chaque clic de Marie, une mécanique invisible s’enclenche : contrôle de conformité, analyse comportementale, filtrage intelligent, réponse contextuelle. Terminée l’époque du pare-feu en tour de guet : aujourd’hui, la sécurité suit l’utilisateur, anticipe les comportements, s’adapte aux usages.

Voici les solutions déployées par l’entreprise de Marie : SASE (SD-WAN, ZTNA, CASB, FWaaS, SWG), NAC et MFA. Un socle minimal mais essentiel de solutions de sécurité périmétrique et de sécurité réseau, aujourd’hui recommandé pour protéger le système d’information.

Il ne s’agit pas d’accumuler des briques techniques, mais de les activer au bon moment, au bon endroit. Encore faut-il savoir où agir, et quand investir en cartographiant vos usages, vos risques, vos priorités.

Chaque menace bloquée, chaque erreur évitée, permet de gagner du temps, de protéger des données essentielles et de garantir la continuité du business.

Et chez vous ? Qui joue la partition sécurité… pendant que vos collaborateurs travaillent ?

Eloïse Chatti
Eloïse Chatti
Eloïse est Chef de produit réseaux & sécurité chez Hub One. Quand elle ne s'immerge pas dans les méandres de la technologie, Eloïse explore le monde, des rues pavées de l'Europe aux sentiers lointains des États-Unis, du Canada et du Brésil, où elle a même bravé la forêt amazonienne. Animée par une curiosité insatiable, elle aime découvrir les cultures locales et déguster leurs spécialités culinaires tout en se plongeant dans l'histoire de chaque pays qu'elle visite. Côté technologie, c'est son fidèle iPhone qui l'accompagne partout, gardant le lien avec ses proches et regroupant toutes ses applications préférées
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