Le LTE « Unlicensed », fossoyeur du Wi-Fi ou relais de croissance pour les opérateurs Wi-Fi ?
Publish: 22 septembre 2015 Analyse

Le LTE « Unlicensed », fossoyeur du Wi-Fi ou relais de croissance pour les opérateurs Wi-Fi ?

Toujours plus. L’essor de la vidéo, du Cloud, la généralisation des Smartphones et nouveaux terminaux communicants font que le trafic des données échangées sur Internet connait une croissance exponentielle, et induisent un véritable challenge technologique.

 

Ces dernières années, les constructeurs et opérateurs ont développé et déployé, pour répondre à cette demande, de nouvelles normes et technologies, telles que le 802.11ac, le 802.11ad, le LTE « Advanced », etc. Mais malgré ces innovations, les réseaux peinent à répondre à l’exigence toujours accrue des utilisateurs. Ainsi, les acteurs qui se sont endettés pour acquérir les licences des fréquences « non libres » (c’est-à-dire les opérateurs mobiles) songent désormais à étendre la diffusion de leurs ondes aux fréquences non soumises à licence, aujourd’hui largement exploitées par les réseaux Wi-Fi et Bluetooth.

Pour concrétiser cette idée, Qualcomm a développé une technologie nommée LTE-U (Long Term Evolution Unlicensed). La promesse est de permettre aux opérateurs d’exploiter le LTE (la 4G) sur le même spectre radio que le Wi-Fi (5 GHz), qui ne demande pas de licences.

 

Conscient de la menace que la technologie représente pour les acteurs impliqués dans le Wi-Fi, dont certains sont très puissants, Qualcomm cherche à démontrer que le Wi-Fi et la 4G peuvent coexister et proposer in fine un service de meilleure qualité aux utilisateurs.

Le principe vulgarisé de la « cohabitation » est le suivant : le point d’accès LTE-U analyse son environnement afin de choisir un canal libre ; s’il en trouve un, il le privilégiera. Dans le cas -plus probable- où aucun canal n’est disponible, la borne LTE-U partagera le canal avec des points d’accès Wi-Fi, une coexistence déjà classique dans le monde du Wi-Fi.

Qualcomm a ainsi effectué une série de tests tendant à démontrer qu’un réseau Wi-Fi fonctionne mieux s’il cohabite avec un réseau LTE-U qu’avec un autre réseau Wi-Fi.

Est-ce que cela rassurera les acteurs du Wi-Fi ? Probablement pas. En toile de fond, la création du LTE-U est la résultante d’une rivalité entre les acteurs télécoms (habitués à payer pour utiliser des fréquences licences) et les acteurs IT ou Wi-Fi (qui utilisent des fréquences libres). Et ces derniers ne voient pas forcément d’un bon œil l’arrivée d’acteurs complémentaires, qui ne vont pas tant remplacer un réseau Wi-Fi concurrent qu’ajouter un réseau complémentaire, occupant toujours plus les fréquences et rendant la tâche de délivrer un service de qualité toujours plus complexe.

Toutefois, les opérateurs Wi-Fi et les gestionnaires de lieux publics peuvent aussi voir l’émergence du LTE-U comme une opportunité d’enfin concrétiser ce serpent de mer que constitue l’offload, l’utilisation par les opérateurs mobiles des fréquences libres pour décharger leurs réseaux.

En effet, en Europe l’offload ne décolle pas, malgré la standardisation de Passpoint, visant à faire basculer de façon sécurisée et fluide les utilisateurs de réseaux mobiles sur du Wi-Fi. Les opérateurs mobiles restent frileux à l’idée de faire basculer leurs utilisateurs sur des réseaux qu’ils ne maitrisent pas et dont la continuité de service reste complexe à assurer.

 

En fait, le LTE-U pourrait même être à terme l’enabler de l’offload, pour le plus grand bonheur des gestionnaires de sites à forte affluence qui, à défaut de vendre des fréquences, accordent les concessions dans leurs lieux, et des opérateurs de sites complexes, acteurs les plus légitimes pour opérer cette infrastructure qui pourra être au moins partiellement mutualisée avec le Wi-Fi. Un dossier à suivre en tout cas…


Martial Delpuech
Martial Delpuech

Directeur Communication Externe et Marketing Opérationnel

Martial DELPUECH est Directeur Communication Externe chez Hub One. Dans la vie, il est passionné par les arts vivants comme le théâtre, l’opéra et la danse contemporaine. Il est fan de Sidi Larbi Cherkaoui qui représente à lui seul, un symbole de tolérance par le mélange des cultures, et Benjamin Millepied, qui symbolise la rigueur nécessaire pour pouvoir exprimer pleinement son talent. Son gadget technologique préféré : le web. C’est un vrai « internet addict » qui se connecte sur l’un de ses 3 ordinateurs, 2 tablettes ou son smartphone. Et pourtant ce n’est pas un tech !

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