Télémédecine : le secteur de la santé accélère sa mue

4 juin 2020

Actualité

Télémédecine : le secteur de la santé accélère sa mue

En médecine comme ailleurs, la crise du Covid-19 a intensifié l’usage du digital dans le quotidien des Français. Comment le secteur de la santé s’est-il organisé pour assurer la continuité des soins ? Quels ont été les challenges opérationnels à relever ? Quel cela va-t-il changer demain pour les offres en e-santé ? Nous avons interrogé Benjamin Pappo, responsable du Pôle Télémédecine au sein du GRADeS (Groupement Régional d’Appui au Développement de la e-Santé) de la région Occitanie.

 

Quel était l’état du déploiement de la téléconsultation avant la crise Covid-19 ?

D’un point de vue réglementaire et technologique, toutes les voies étaient ouvertes avant la crise pour que la téléconsultation fonctionne bien. Depuis 1 an ½, la téléconsultation est prise en charge par la CNAM comme une consultation classique. Et côté techno, la téléconsultation s’apparente ni plus ni moins à une visioconférence. Avec quelques services avancés, tels que la salle d’attente virtuelle ou la possibilité d’échanger des documents médicaux de manière sécurisée. Côté offres, donc, tout était prêt. Ce qui ne décollait pas, c’était l’utilisation.

 

Pour quelles raisons ?

C’est mon sentiment personnel, mais la téléconsultation demande un changement de pratiques des professionnels de santé, qui sont souvent déjà très sollicités en consultations classiques. Il faut réfléchir aux cas où la téléconsultation peut être bénéfique pour le patient, trouver les bons outils digitaux et le bon matériel. Certains médecins peuvent être esseulés face à ces choix et repousser la mise en place de consultations à distance. Il faut aussi se rappeler qu’avant la crise, seuls les médecins pouvaient proposer la téléconsultation. La réglementation ne permettait pas aux professionnels du paramédical de la pratiquer par exemple.

 

Et la crise du Covid-19 a tout changé.

Oui, le point de bascule a été très franc. Nous sommes passés de moins de 1 000 téléconsultations par semaine, avant le confinement général, à des pics à plus de 90 000 téléconsultations certaines semaines d’avril. On peut dire que la crise a été un véritable révélateur de cette technologie auprès du grand public. Pour des pathologies liées au Covid, comme pour les pathologies du quotidien d’ailleurs.

 

En coulisses, comment s’est passé le déploiement de la téléconsultation ?

Nous avons senti les premiers frémissements deux ou trois semaines avant le démarrage du confinement, avec une demande forte des pouvoirs publics d’être très clair sur l’offre potentielle de services en téléconsultation en région pour les professionnels de santé. Nous nous sommes immédiatement organisés en 2 temps. Premièrement, sous l’égide de l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie, nous avons échangé avec nos différents partenaires (représentants des professionnels de santé du libéral, acteurs du monde hospitalier, etc.) pour mettre au point une offre claire pour les professionnels, c’est-à-dire un outil unique mis à disposition gratuitement par modalité d’exercice, [BP1]   pour ensuite déclencher leur déploiement auprès des acteurs. Notre solution a été retenue pour les centres hospitaliers et les établissements du médico-social. Initialement prévu dans plusieurs mois, la crise a tout accéléré. Avec le recul, c’est incroyable de se dire qu’un projet dont la mise en œuvre aurait pris plusieurs mois en temps normal a été déployé avec un résultat très satisfaisant en une dizaine de jours.

 

Concrètement, comment se matérialise l’offre de téléconsultation du GRADeS Occitanie ?

Les services que nous proposons sont full-web, avec l’accès à une plateforme qui permet au médecin, ou à son secrétariat, de planifier une téléconsultation après échange avec le patient. Les professionnels de santé choisissent le créneau horaire à proposer, entrent les coordonnées du patient, et cela génère automatiquement l’envoi d’un mail et d’un SMS. Le patient peut tester sa connexion avant et le jour J, à l’heure dite, il clique sur le lien de connexion pour entrer en salle d’attente. Après la consultation, le médecin peut délivrer une ordonnance de manière sécurisée, ainsi qu’un compte-rendu.

 

Dans votre solution, c’est le professionnel de santé qui décide de proposer, ou pas, une consultation en ligne à son patient.

Oui. En tant qu’instance publique, notre devoir est de respecter la notion de parcours de soins. Et notre doctrine est très claire sur ce point, même pour nous qui faisons de la e-santé : la téléconsultation ne remplacera jamais la consultation physique. Elle est complémentaire. C’est donc important pour nous de laisser la maitrise du côté du médecin.

 

Une fois le déconfinement effectif, quels seront les prochains challenges de la télémédecine ?

Nous allons devoir suivre les courbes d’utilisation des solutions en téléconsultation pour adapter au fur et à mesure leur dimensionnement. Certains centres hospitaliers nous ont annoncé qu’ils souhaitaient proposer des consultations en ligne aux patients dont les soins avaient été repoussés à cause du Covid-19, chaque fois que cela serait possible. Paradoxalement, nous pouvons donc nous attendre à ce que le nombre de téléconsultations dans les centres hospitaliers continue de progresser à partir du 11 mai.

 

Nous avons beaucoup parlé de téléconsultation, qu’en est-il de la télésurveillance et des objets connectés ?

Les actes de télésurveillance ne sont pas encore pris en charge par la sécurité sociale. Ils soulèvent aussi des problématiques opérationnelles : s’il doit y avoir des objets connectés, qui les fournit ? Comment gérer leur maintenance ? Nous sommes très attachés à la question de l’égalité aux soins, et ces questions sont donc essentielles. Néanmoins, plusieurs centres hospitaliers en réalisent déjà et des retours d’expérience concrets apparaissent.

 

Par ailleurs, la crise en cours marque là aussi un tournant. À la demande des pouvoirs publics en lien avec le déconfinement, nous allons mettre à disposition une solution de télésurveillance destinées aux médecins libéraux d’Occitanie dans les tous prochains jours. Cette solution permettra aux patients testés positifs au COVD-19 de renseigner quotidiennement et en toute autonomie leur état de santé, après réception d’un SMS de rappel. Des alertes automatiques sont ensuite remontées au médecin en cas de dégradation. Voilà un nouveau défi à relever dans les semaines à venir !

 

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Jérémie PAPPO
Jérémie PAPPO

Responsable innovation

Jérémie PAPPO est Responsable Innovation chez Hub One. Le sport et la technologie sont ses principaux centres d’intérêts. Ancien handballeur de compétition, ce sport est selon lui, un bon moyen de se dépenser et d’aller au-delà de ses limites. De nature curieux, il aime découvrir de nouveaux objets. L’idéal pour lui étant de pouvoir expérimenter toutes ces nouvelles découvertes une fois avoir compris leurs fonctionnements. Son gadget préféré ? Sa montre connectée. Convaincu des progrès en termes de nouvelles technologies, il espère prochainement, en dénicher un nouveau dont il sera encore plus addict !

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