Quels seraient les bénéfices d’un tracking individualisé des passagers ?

26 juillet 2019

Analyse

Group of people in airport. Par Group of people in airport.

La géolocalisation d’un passager après les points de contrôle permettrait aux compagnies d’anticiper un « no show » c’est-à-dire les cas où un passager n’est pas en mesure de se présenter à temps à la porte d’embarquement. Les compagnies seraient alors mieux informées pour anticiper les bonnes décisions à prendre pour la ponctualité des vols et le confort des autres passagers.

 

Gagner en fluidité à l’embarquement

La ponctualité est un enjeu majeur du secteur de l’aérien. La croissance du trafic et les tensions actuelles autour du développement des grands aéroports européens entraînent des problématiques fortes d’optimisation des infrastructures existantes, afin de garantir le départ à l’heure des vols. Et donc in fine la satisfaction et le confort des passagers.

Pour les compagnies, l’un des points de douleur est l’incertitude face au « no show » d’un passager à l’embarquement. Grâce aux différents points de contrôle du parcours passager, les compagnies ont un premier niveau d’information. Elles savent par exemple qu’un passager n’a pas passé la zone où sont les portiques de sécurité (dit Point d’Inspection filtrage). Mais une fois passés les points de contrôle, les compagnies n’ont plus d’informations suffisamment précises pour déterminer si les passagers sont en mesure de rejoindre la porte d’embarquement à temps.

Et dans les faits, le passager peut être partout : dans un magasin, dans un restaurant, au téléphone… La compagnie se trouve alors face à un vrai dilemme. Doit-elle supprimer le passager de la liste de vol et décharger ses éventuels bagages de soute ? Peut-elle attribuer sa place à un passager sur liste d’attente ? Doit-elle encore attendre encore un peu ? Si la compagnie peut savoir d’une façon certaine que le passager est à 15 minutes de la porte d’embarquement au moment de la clôture, elle peut agir le plus tôt possible pour que cela ait le moins d’impacts possible sur la ponctualité du vol.

 

Obtenir le consentement des passagers

La géolocalisation individuelle des passagers permettrait aux compagnies d’estimer en temps réel le temps nécessaire aux retardataires pour rejoindre la porte d’embarquement. Des systèmes « Indoor Positioning » sont en train de voir le jour (à l’aéroport Nice Côte d’Azur par exemple), à destination des passagers, pour faciliter leurs déplacements et les aider à se repérer dans leur parcours vers l’avion. Mais il est encore trop tôt pour mesurer le taux d’utilisation de ces services sur le volume total des passagers fréquentant l’aéroport.

Car la problématique du tracking passager est bien là ! Comment obtenir l’enrôlement volontaire de tous les passagers ? La question technologique existe, car la géolocalisation nécessite des infrastructures techniques spécifiques afin de prendre le relai du GPS inopérant à l’intérieur des bâtiments, mais des solutions particulièrement efficaces existent. L’enjeu principal des compagnies et des infrastructures aéroportuaires est que la réponse se trouve dans les mains des passagers eux-mêmes. Pour qu’ils soient repérés sur un plan de l’aéroport, cela nécessite le téléchargement, puis l’utilisation, d’une application smartphone. Cela peut être celle de l’aéroport ou celle de la compagnie. Dans tous les cas, il est pour le moment indispensable d’obtenir le consentement des individus pour exploiter leurs données personnelles de géolocalisation.

 

Le tracking anonyme, a minima

Le tracking anonyme des passagers apporte déjà un certain nombre de bénéfices aux gestionnaires d’aéroport. Les hubs sont parfois si complexes qu’il se produit souvent des évènements contre-intuitifs : malgré le fléchage et les informations, il arrive que des passagers se trompent de direction par exemple. La géolocalisation anonyme permet d’analyser les flux à l’intérieur des bâtiments, d’améliorer l’information passager et de piloter cette amélioration pour fluidifier les parcours vers l’avion. Techniquement, ce tracking passe par le Wi-Fi des smartphones. Les données anonymisées sont quant à elles analysées (presque en temps réel) à des fins statistiques. Il est impossible de relier l’identité d’un individu à son parcours passager.

 

Ce que peut apporter la reconnaissance faciale

L’arrivée des technologies biométriques dans les aéroports va peut-être changer la donne. Pour le moment, les expériences menées dans les aéroports concernent essentiellement l’enregistrement et les points de contrôle existants, toujours dans cette optique de fluidifier les parcours passagers. Les premiers résultats semblent prometteurs sur le taux d’identifications réussies : plus de 99% à Miami selon la police des frontières américaines, citée par lesechos.fr.

On pourrait imaginer une généralisation des caméras à reconnaissance faciale dans les zones d’attente post contrôles pour géolocaliser en temps réel les passagers. Ce système permettrait de contourner l’étape du téléchargement d’une application sur les smartphones. Même s’il reste soumis à l’obligation de consentement encadré par le RGPD. Charge aux compagnies de montrer la valeur ajoutée et les bénéfices d’un tel dispositif à leurs passagers pour obtenir leur pleine adhésion.

 

La géolocalisation individualisée des passagers au sein des infrastructures aéroportuaires apporterait de nombreux avantages : simplification du parcours, réduction du temps d’embarquement, amélioration de l’accompagnement passager, optimisation des temps de rotation des avions… Mais il existe encore des freins sociétaux et réglementaires à lever, ou des sujets à mieux encadrer sur la voie du smart airport, pour bénéficier des avantages apportés par la technologie.

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Jean-Sébastien MACKIEWICZ
Jean-Sébastien MACKIEWICZ

Directeur Business Line Solution Aéroportuaires

Jean-Sébastien MACKIEWICZ est Directeur de la Business Line Solutions Aéroportuaires chez Hub One. Il est en charge du développement de solutions digitales et logicielles visant à faciliter la gestion des opérations, de l’accueil du passager jusqu’au traitement des avions. Jean-Sébastien croit au management participatif et ambitionne de donner à son équipe un esprit de start up avec un maximum de projets communs. Attaché à son entourage, il passe du temps avec ses proches. Il aime particulièrement voyager dans les grandes capitales. Familier des nouvelles technologies, il possède une appétence pour les gadgets pilotables depuis son Smartphone !

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