L’IoT n’est qu’une nouvelle appellation du M2M (machine to machine). Le déploiement de réseaux radio basse fréquence (Sigfox, LoRa, etc.) permet l’usage de capteurs moins chers, ergonomiques, peu gourmand en énergie : le nombre de ces capteurs va pouvoir se multiplier de façon exponentielle et les données vont pouvoir être remontée en temps quasi réel. Mais cette technologie n’est qu’un accélérateur : la révolution (encore potentielle) de l’IoT viendra des usages et du modèle économique qui pourront être obtenus à partir des données remontées !
Modèle simplifié de l’IoT :
Pour faire simple, L’IoT fonctionne sur le modèle suivant :
Les secteurs pionniers dans le domaine BtoB ont été la Santé, l’Energie, l’Aéronautique. Et ce n’est qu’un début ! Mais dans de nombreux cas, la rentabilité n’est pas encore assurée, limitant les déploiements massifs. Les investissements sont lourds, en particulier quand il faut définir, déployer et connecter des milliers ou des millions de capteurs ! Certains pays se sont lancés depuis longtemps à grande échelle (US, Corée, Allemagne), il semble clair que la rentabilité ne sera atteinte qu’en augmentant la valeur de l’information obtenue.
Quel modèle de valeur pour l’IoT ?
Pour un projet d’IoT, il y a plusieurs moyens de valoriser la donnée obtenue :
Sans cette transversalité des données disponibles, la valeur va rester au niveau 2
Les opérateurs, au centre de l’IoT ?
Après des années passées à financer des réseaux dont les bénéficiaires sont surtout les applications (GAFA), les opérateurs Telecom ont de nouveau un rôle majeur à jouer :
Les systèmes IoT pour entreprises utiliseront des capteurs différents : dans ce monde, les terminaux mobiles auront un rôle à jouer, mais ils n’auront plus le rôle central.
La coordination des réseaux et la capacité à sécuriser, harmoniser les données vont donc mettre les opérateurs Telecom au cœur du jeu.
La revanche des territoires
Après la « virtualisation à l’échelle mondiale », allons-nous assister à la revanche des territoires ?
Pour obtenir le plus de valeur (étape 3), il faut avoir une vision verticale d’un processus: la plus grande valeur sera donc pour l’entité qui a une responsabilité transverse de bout en bout, qui est capable de fédérer en confiance des entreprises ayant des interactions avec les mêmes clients, les mêmes géographies ; ce n’est pas un hasard si le terme « smart » est le plus souvent appliqué à des entités « fermées », comme les villes (Smart Cities), les usines, les centres commerciaux, les fournisseurs de service complet (comme Autolib), les gestionnaires d’infrastructure, et bien sûr en premier lieu les aéroports ! (Smart Airport).
L’optimisation de la valeur sera réalisée par des entités locales, capables de fédérer les différents acteurs pour les convaincre de partager des données essentielles et stratégiques. Sur ces sujets IoT, il est probable que les acteurs de proximité comme les DSP ou les opérateurs de proximité arriveront à se repositionner sur l’échelle de valeurs et ne seront plus cantonnés aux couches les plus basses.
Exemple de l’aéroport connecté:
Les aéroports sont un des lieux où le terme de territoire et de communauté a un sens majeur : ce sont de véritables villes, avec leur écosystème d’entreprises différentes, travaillant en forte interaction. Parmi ces entreprises, il y a bien sûr le gestionnaire de l’aéroport (ADP sur Paris, Aena en Espagne, etc.), mais également les compagnies aériennes, les assistants aéroportuaires (qui assurent la sécurité, la gestion des bagages, la sous-traitance, etc.), les services de l’état (douanes, police, régulation aérienne, etc.). Par exemple, plus de 120 000 personnes, employées par plus de 1000 entreprises différentes, travaillent tous les jours dans les aéroports parisiens (CDG, Orly et Le Bourget) !
Toute cette communauté est au service des passagers, de leurs bagages et du fret. Dans la même chaine de prestations, chaque maillon a un impact sur les autres, et la qualité du service rendu est perçue, encore plus que dans une ville, de façon globale par le passager.
L’aéroport est bien évidemment un lieu très sensible pour la sécurité, la fiabilité, et si les données doivent être partagées entre les entreprises, il est impossible d’utiliser des données ouvertes, accessibles par d’autres à l’extérieur du monde aéroportuaire.
Tous ces éléments font que, plus encore que les villes, les aéroports seront un terrain de prédilection pour l’IoT, où le partage des données dans un circuit local permettra de fournir aux entreprises de la communauté une réelle valeur.
Parmi les multiples exemples de services que l’IoT mis en place au sein d’un aéroport permet ou va permettre d’améliorer dans le fonctionnement, citons:
Le « Smart Airport », grâce à l’IoT, sera dans les prochaines années un des enjeux principaux de la compétition commerciale que se livrent les aéroports pour attirer les compagnies aériennes et capter le trafic passager et fret.
La mise en place de L’IoT dans les aéroports se fera en fédérant de façon transverse des données venant d’entreprises différentes, gérées par un tiers de confiance dans un environnement fermé. Ces données transiteront sur différents réseaux : fixe, 4G, Wifi, radio basse fréquence, de façon adaptée à chaque type d’application, en fonction du besoin de débit, de disponibilité, de sécurité.
Directeur BU Télécom
29 juin 2015
21 avril 2022