L’école 3.0 ou comment enseigner un métier qui n’existe pas encore ?

16 février 2015

Rencontre


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Avec 3 promotions déjà, la Web School Factory forme depuis 2012 les entrepreneurs et managers de demain. Sur le campus, pas de skateboard, ni de hamac. Pas de clichés, mais cependant une cafétéria ultra-connectée où l’on paie sa place à l’heure et où les consommations sont à volonté. Rencontre avec la directrice, Anne Lalou, pour évoquer entreprenariat, innovation, transformation digitale et enseignement moderne…

 

Comment vous est venue l’idée de lancer la web school factory en 2012 ?

Après des années en entreprise, j’ai eu envie de m’inscrire dans un projet porteur de sens, s’inscrivant dans une démarche de management différent.

L’enseignement à mes yeux répond à cette volonté. Quand je me suis lancée dans cette initiative, j’ai vite réalisé qu’en étant issue du monde de l’entreprise, il ne serait pas évident de s’imposer dans ce milieu… et du coup je me suis lancée dans une création. Tant mieux ! Nous voilà 3 ans après dans « l’anticafé » de la Web School Factory et ses 160 élèves.

 

Quelles sont les singularités de l’école ?

Ici, un tiers du contenu pédagogique est apporté par les projets réalisés en partenariat avec les entreprises. Dès l’intégration en première année, passées les considérations administratives des premiers jours, les étudiants passent en mode projet pendant 15 jours.

Chaque année, nous organisons 5 week-ends « challenge ». Nous passons alors 2 jours sur un défi lancé par nos entreprises partenaires. Par petits groupes, les étudiants ont 36h (sans dormir) pour proposer un projet de développement à l’entreprise. La meilleure idée est récompensée par un prix et parfois même développée par l’entreprise.

 

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

ACCOR, l’un de nos partenaires, est par exemple en train de travailler à l’élaboration d’un chariot connecté pour son personnel en hôtellerie. L’idée est venue d’un groupe d’étudiants qui avait planché sur le sujet « l’hôtel connecté, les nouveaux usages ». Parmi d’autres propositions de lits connectés, de bracelet-clefs de chambre, une idée a marqué les esprits : celle du chariot connecté. Ce groupe d’élèves avait eu la bonne idée d’aller rencontrer le personnel d’un hôtel. Touché par la pénibilité du travail des femmes de chambres, le groupe avait alors suivi la piste de l’amélioration de leur condition de travail. L’idée était lancée…Elle est aujourd’hui en développement !

 

Quels sont les profils de vos étudiants ?

Nos étudiants arrivent après le bac, toutes filières confondues. Nous ne privilégions pas un profil plus qu’un autre. On remarque cependant que 50% d’entre eux sont en reconversion. Après avoir passé une année en fac ou en école, ils réorientent leur projet professionnel.

 

Qu’évaluez-vous chez vos étudiants avant de les intégrer ?

Les notes m’importent peu. Ce que je regarde, ce sont les commentaires des professeurs. J’essaie de mesurer leur mptivation, leur ambition pour eux-même et la société dans laquelle ils évoluent, leur capacité à porter des projets, à entreprendre, à innover.

 

Comment enseigne-t-on à innover ?

Je crois que l’on n’innove jamais seul. La notion de groupe est fondamentale. Nos week-ends « challenge » en sont les meilleurs exemples. Une fois le sujet lancé, il est fascinant de voir que 4 ou 5 heures seulement après, les idées fusent… L’échange et la confrontation entre des étudiants de différentes disciplines génèrent la créativité. Mais pas uniquement, la compétition aussi. Et bien sûr la promesse d’une valorisation personnelle. Les étudiants ont conscience du défi personnel que cela représente pour eux.

 

Comment fonctionnez-vous avec les entreprises partenaires ?

Ces entreprises sont partenaires de l’Innovation Factory – un espace, une association à but non lucratif –  qui réunit, autour des étudiants, différentes parties prenantes de l’innovation numérique dans notre pays, think tank, investisseurs, laboratoires de recherche, grandes entreprises et start-ups, avec un objectif : échanger, développer, accélérer et co-construire des projets d’innovation numérique et favoriser l’émergence des innovations de rupture par un modèle de collaboration et de confrontation original avec le cœur étudiant.

Ainsi nous développons une douzaine de modules de projets, dont  les week-ends « challenge »  avec nos trente entreprises partenaires. Elles nous proposent un sujet d’étude ou une problématique, nous l’étudions avec le responsable pédagogique pour voir s’il répond à l’ensemble des critères d’acquisition des compétences. Une fois validé, le sujet est mis dans les mains des élèves.

Pour les entreprises, c’est une vraie opportunité. Les étudiants ne sont pas des consultants, ils n’ont pas de rapports commerciaux avec les entreprises et leurs dirigeants, ils n’ont pas d’allégeance. Pour eux, leurs interlocuteurs dans les entreprises partenaires ne sont que « des mecs en costards ». Cette équation permet plus de créativité, plus de fraîcheur et plus d’opérationnalité. Je vous assure que c’est énergisant de voir un jeune de 20 ans tenir tête à un membre du comité exécutif d’un grand groupe… !

 

On parle beaucoup du sujet « éducation » en ce moment, comment vous positionnez-vous par rapport aux problèmes que rencontre l’école en général en France ?

Je suis convaincue qu’il faut révolutionner l’école mais si j’avais eu la conviction d’avoir trouvé la bonne solution, j’aurais fait de la politique. Ce n’est pas le cas mais j’ai évidemment quelques convictions concernant l’enseignement supérieur et la Web School Factory. Il faut un nombre limité d’élèves par classes pour permettre un réel échange et l’apport de cultures différentes. Nous souhaitons intégrer des élèves de tous horizons et refaire fonctionner l’ascenseur social (qui peut être totalement relancé par le numérique).

Autre véritable enjeu, c’est bien entendu d’apporter aux élèves la vision de l’entreprise. L’école ne peut plus se permettre d’être déconnectée des codes de l’entreprise. Nous sommes hyper pragmatiques même s’ils sont certainement en train d’inventer les métiers qu’ils feront dans 5 ans !

 

Selon vous, quels sont-ils, ces métiers qui vont apparaître ?

Vous pouvez lire à ce sujet le livre d’Anne-Caroline Paucot, le Dico des Métiers de Demain. Vous y trouverez le Dronadaire (le livreur par drone) le biofilmeur ou encore le bohteur (le spécialiste du bonheur en entreprise)…Et plus sérieusement, tous les métiers sont en train d’évoluer, et chaque jour naissent de nouveaux métiers. En ce moment, ce sont les métiers liés à la donnée qui tiennent la tête d’affiche ainsi que ceux liés aux nouvelles formes d’organisation.

 

D’un point de vue personnel et humain, qu’est ce que cette expérience vous a enseigné en tant que nouvelle directrice d’école ?

J’ai vite compris que les « digital natives » allaient modifier en profondeur les entreprises et la société. Et que pour les accompagner, il fallait penser la pédagogie en 3.0 ! C’est évidemment le partage d’information, la stimulation et la valorisation des compétences mais aussi quelques gadgets très utiles que d’autres établissements nous envient, comme le boîtier flashcode installé devant les salles de classes, qui permet aux retardataires de signaler leur présence et de suivre, malgré tout, le cours en streaming dans le couloir (sans déranger la classe). D’un point de vue beaucoup plus personnel, j’ai surtout appris que je n’avais plus 1 enfant mais 160 et demain… Plusieurs centaines !

 

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Martial Delpuech
Martial Delpuech

Directeur Communication Externe et Marketing Opérationnel

Martial DELPUECH est Directeur Communication Externe chez Hub One. Dans la vie, il est passionné par les arts vivants comme le théâtre, l’opéra et la danse contemporaine. Il est fan de Sidi Larbi Cherkaoui qui représente à lui seul, un symbole de tolérance par le mélange des cultures, et Benjamin Millepied, qui symbolise la rigueur nécessaire pour pouvoir exprimer pleinement son talent. Son gadget technologique préféré : le web. C’est un vrai « internet addict » qui se connecte sur l’un de ses 3 ordinateurs, 2 tablettes ou son smartphone. Et pourtant ce n’est pas un tech !

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