L’alliance avec une start-up facilite la transformation numérique des entreprises

21 avril 2015

Rencontre

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A l’heure où la digitalisation des organisations progresse dans tous les secteurs d’activité, certaines sociétés se retrouvent face à des choix stratégiques décisifs pour leur développement. Nous avons eu la chance de rencontrer M. Francis Lorentz, Associé-Fondateur du cabinet de conseil LD&A Jupiter.

 

Monsieur Lorentz, bonjour. Pouvez-vous nous présenter LD&A Jupiter ? 

LD&A Jupiter est une société de conseil en fusions-acquisitions et levées de fonds pour les entreprises moyennes et les start-up du secteur numérique. En d’autres termes, nous accompagnons nos clients dans leurs stratégies de développement local et international en les conseillant pour leurs opérations de croissance externe, de cession ou de financement.

Nous sommes implantés à Paris, Londres, Munich, Berlin, et à Amsterdam. LD&A Jupiter est également présent aux Etats-Unis par l’intermédiaire d’une joint-venture avec Redwood Capital, qui porte le nom de LD&A Redwood.

 

La transformation numérique est un véritable challenge qui s’impose à tous en ce début du XXIe siècle ; quels sont les défis majeurs que doivent relever les entreprises qui entament aujourd’hui leur révolution digitale ?

Le premier défi c’est celui de la compréhension des nouvelles règles du jeu et de l’acceptation de leur impact sur tous les domaines d’activité : désintermédiation, porosité des frontières entre métiers, personnalisation des produits et services, rôle des réseaux, passage de la linéarité à la corrélation…etc. C’est un monde radicalement nouveau qui est en train de se construire et qui implique que chaque entreprise accepte de se remettre en cause. Et ceci vaut je pense pour la quasi-totalité des secteurs d’activité.

Nous disposons en France de nombreux atouts pour faire face à ce défi… Ainsi par exemple, nous avons un exceptionnel vivier de compétences mathématiques. C’est un atout majeur dans la révolution numérique actuelle. En effet, une bonne partie des développements, notamment applicatifs, les plus récents, autour de la « big data » et du « cloud » sont liés à l’utilisation d’algorithmes permettant l’identification, le suivi et le croisement de données d’origines très diverses ou correspondant à des comportements individuels. Or des progrès considérables tant dans la recherche scientifique, que dans l’amélioration de la performance des entreprises, ou dans l’optimisation des systèmes de transport, de santé ou de gestion de l’énergie dépendent de la capacité à collecter et exploiter de plus en plus intelligemment ces informations extrêmement puissantes.
Cependant, afin de promouvoir cette expertise et ce savoir-faire, il est nécessaire de penser et agir à l’échelle mondiale ou au moins européenne. Ainsi, parmi les plus belles réussites européennes récentes, nous pouvons citer Criteo, start-up française qui a su appliquer ses compétences mathématiques au domaine très compétitif du suivi des comportements des consommateurs et de l’optimisation des actions de marketing sur Internet, et devenir un champion mondial dans ce domaine. Et ils ont réussi cette performance en s’appuyant sur la compétence technique de leurs équipes françaises pour très vite s’implanter aux Etats-Unis, principal marché dans leur domaine, puis s’ouvrir aux investisseurs internationaux par le biais du Nasdaq.

 

Quels sont les trois conseils que vous donneriez à un dirigeant qui souhaite intégrer le digital à sa stratégie d’entreprise ? 

S’épanouir dans ce nouveau monde collaboratif nécessite de modifier nos comportements traditionnels, issus d’un système éducatif cartésien et linéaire. C’est un monde où il faut aller vite et prendre le risque de l’expérimentation et de l’erreur. Le monde de l’Internet fonctionne selon le principe du Try and Fix it. On y apprend en construisant.

C’est un monde sans frontières : les technologies se diffusent instantanément, elles s’appliquent à tous les domaines. Google s’intéresse aux automobiles et ce sont des entreprises de l’Internet qui apportent peut-être la réponse à l’insoluble problème de la pénurie de taxis à Paris.
Le succès des entreprises les plus performantes dans les technologies et services numériques est lié à leur capacité d’avoir très vite su toucher une audience ou une clientèle mondiale : c’est vrai pour le GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), mais aussi pour de nombreuses autres entreprises. C’est encore au niveau mondial que se créent les standards techniques, qu’il s’agisse des smartphones ou de la musique en streaming.

Enfin, je soulignerais que la vitesse est essentielle pour rester en tête d’une compétition fondée sur l’innovation. Et pour rester en tête de peloton, la plus grande intelligence c’est d’utiliser l’intelligence des autres, de savoir s’allier ou déléguer. Ce qu’on appelle l’open innovation tire notamment parti du foisonnement de jeunes entreprises par  partenariats, participation ou acquisition. Il s’agit de s’appuyer, sans les étouffer, sur le dynamisme et la créativité des start-up pour se différencier et prendre de l’avance sur ses concurrents en se créant un véritable écosystème favorable à son propre développement.

Cela peut passer par la participation à des fonds d’investissements spécialisés, à des incubateurs ou à toutes formes de structures corporate qui aident les start-up à se développer. Et ce sont elles qui en retour peuvent irriguer nos grandes entreprises en nouvelles idées, technologies ou modèles économiques.

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