« Je voulais faire le métier des gens que j’écoutais » – Charlotte Chabrol, Cheffe de projet déploiement Wi-Fi

Par Eloïse Chatti

5 février 2026

Malgré les avancées, les femmes restent minoritaires dans les métiers dits « techniques » liés à l’ingénierie. Les stéréotypes d’orientation, le manque de rôles modèles et une image parfois « fermée » du monde de la tech freinent encore les vocations.

Pour montrer des trajectoires concrètes et donner des clés aux jeunes femmes, nous avons souhaité donner la parole à celles qui font la tech au quotidien.

Découvrez le parcours de Charlotte Chabrol, aujourd’hui cheffe de projet déploiement Wi-Fi pour le projet du Grand Paris Express au sein de Hub One.

Entre 2019 et 2030, 180 000 emplois dans les métiers de l’informatique et de la recherche seraient créés. Source : Rapport du gouvernement « Les Métiers en 2030 » (1).
Entre 2019 et 2030, 180 000 emplois dans les métiers de l’informatique et de la recherche seraient créés. Source : Rapport du gouvernement « Les Métiers en 2030 » (1).

Quel est ton parcours professionnel ?


Mon parcours est assez atypique : j’ai commencé par des études de lettres, puis un master Métiers de l’éducation. Une fois diplômée, j’ai senti que ce n’était plus ce que je voulais faire. Je me suis alors réorientée en école de commerce, avec une spécialisation en RH.

J’ai passé ensuite plusieurs années en cabinet de recrutement, à force d’échanger avec des consultants IT, des intégrateurs, des chefs de projet SI, je me suis dit : « C’est ça que je veux faire ! » Je voulais faire le métier des gens que j’écoutais.

J’ai donc repris une troisième formation avec OpenClassrooms, sur un parcours professionnalisant de 12 mois, nommé « Chef de projet digital ». C’était très complet : gestion de projet, culture du web, un peu de développement… J’ai ensuite intégré en mai 2022 SysDream, la filiale cybersécurité de Hub One, d’abord comme cheffe de projet sur des sujets cybersécurité & réglementaires. Plus de deux ans après, j’ai évolué et rejoint l’équipe projet Déploiement Wi-Fi du Grand Paris Express au sein de la Business Unit Télécom, passant ainsi de la filiale cyber à la maison mère, Hub One.

Aujourd’hui, je pilote le déploiement du Wi-Fi dans l’ensemble des gares du Grand Paris Express, de la coordination des études jusqu’à la mise en exploitation des acteurs jusqu’à la mise en service.

Qu’est-ce qui te plaît dans les métiers de la cybersécurité ?


C’est d’abord la diversité des projets. On touche à beaucoup de choses, on apprend tout le temps. Ensuite, le travail en équipe : des équipes jeunes, pluridisciplinaires, où l’on n’est pas seul. Et, bien sûr, la dimension technique : c’était un univers à la fois familier et mystérieux pour moi. Comprendre comment ça fonctionne (déploiement, enjeux de la cybersécurité) m’a tout de suite passionnée.

Ton orientation initiale était plutôt littéraire. Qu’est-ce qui t’y a conduite ?


Je dirais mon environnement familial et mes appétences du moment : langues, histoire, géographie. Je n’aimais pas trop les maths, mais j’étais plutôt bonne ! À l’époque, l’informatique n’était pas mise en avant au lycée, nous n’avions pas de cours dédiés et le domaine me paraissait quand même très masculin. Avec le recul, je me dis que j’aurais pu y aller plus tôt mais je n’avais ni les informations, ni de modèles à suivre !

Mon entourage a été plutôt surpris de ma reconversion professionnelle, mais j’ai eu beaucoup d’encouragements.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que les écoles se sont structurées, il y a plus de parcours informatiques visibles et attractifs. Les entreprises recrutent davantage de femmes, y compris sur des fonctions techniques. Dans mes équipes actuelles, on tend vers du 50/50, sur certains périmètres (notamment sur les fonctions support) !

Il reste des écarts selon les métiers mais ça progresse : on accueille plus d’alternantes et de femmes stagiaires, et on voit davantage de rôles modèles dans les événements du secteur.

As-tu été confrontée à des stéréotypes depuis que tu es dans l’informatique ?


En interne, mon expérience a été très positive : intégration, respect, zéro remarque déplacée.

Sur les chantiers ou avec des partenaires plus « historiques », on sent parfois des réflexes d’un autre temps : s’étonner d’une femme qui parle réseau, confondre une cheffe de projet avec une assistante… C’est moins fréquent, mais ça existe encore, surtout selon les générations et les secteurs d’activité.

Que dirais-tu à une jeune femme ou à une femme en reconversion qui hésite à entrer dans la tech ?


Beaucoup de clichés ne résistent pas à la réalité : les équipes IT sont ouvertes, on apprend en continu, les métiers évoluent sans cesse. En cas de reconversion, c’est assez facile de « rattraper » le temps perdu avec des certifications et des formations professionnalisantes.

La tech n’est pas un milieu fermé : au contraire, c’est collaboratif, et on peut y apporter un regard neuf.

Cherche des rôles modèles, choisis une formation avec des projets concrets, et n’attends pas d’être prête à 100 % : on ne l’est jamais !

 

Sources :
(1) - Source : Rapport du gouvernement « Les Métiers en 2030 »
Eloïse Chatti
Eloïse Chatti
Eloïse est Chef de produit réseaux & sécurité chez Hub One. Quand elle ne s'immerge pas dans les méandres de la technologie, Eloïse explore le monde, des rues pavées de l'Europe aux sentiers lointains des États-Unis, du Canada et du Brésil, où elle a même bravé la forêt amazonienne. Animée par une curiosité insatiable, elle aime découvrir les cultures locales et déguster leurs spécialités culinaires tout en se plongeant dans l'histoire de chaque pays qu'elle visite. Côté technologie, c'est son fidèle iPhone qui l'accompagne partout, gardant le lien avec ses proches et regroupant toutes ses applications préférées
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